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Apprendre la Bourse
Après le déni, les interrogations, le doute puis les craintes, l'angoisse, la peur, la phase de panique, les pertes de repères et enfin les quelques pertes de contrôle observés cet automne, les opérateurs, avec de l'eau jusqu'au coup, commencent maintenant à se noyer par intermittence.
Inutile d'aller chercher très loin, vous connaissez la chose depuis des mois : derrière les nouvelles économiques récentes et une annonce de difficultés croissantes chez les entreprises avec des mesures de licenciement et de plans sociaux qui vont croissant jour après jour (exemple pour la France sur 2008), le tempo donné par les banques reste toujours primordial comme rappelé vendredi dernier.
L'accélération de Wall Street hier soir à la baisse y est à nouveau liée et la rupture du support présenté fin de semaine (indice BKX ci-dessus) a engendré un décrochage qui s'exprime principalement sur Citigroup avec la sensation générale d'être en terrain mouvant alors que le Trésor US a dit changer il y a quelques jours son fusil d'épaule concernant le plan Paulson qui n'ira plus extraire les mauvaises créances des banques mais prendra directement des participations. Nous sommes là également dans "une fin de règne" de l'actuel secrétaire d'Etat au Trésor qui va passer le relais en janvier à la nouvelle administration élue et dont la première tranche de 350 des 700 Milliards $ du plan total arrive à son terme (reste 60 Mds $ grosso modo) et la tranche suivante nécessite pour être débloquer de repasser devant le Congrès. Flottement, flou, la bourse aime le noir ou le blanc mais pas le gris...
Entre un plan pour sauver l'automobile, un plan de relance économique général souhaité par les Démocrates et les modalités précises de ce plan Paulson a mi-chemin, le marché est pris de court par la dégradation sur le terrain et par un manque de visibilité sur les actions qui seront menées réellement. Une chose reste, le regard se tourne vers l'état et les actes vers les obligations qu'ils émettent.
Ce, d'autant que les nouvelles du jour sont de la même veine que précédemment avec des demandes d'emploi en hausse semaine dernière aux USA, un index des indicateurs avancés qui plie de - 0,8 % encore en octobre contre + 0,1 % en septembre et un indice d'activité de la région de Phliadelphie qui tombe à - 39,3 ce mois-ci après - 37,5.
Même constatation que sur les différents indicateurs vus ces derniers temps (mis à part pour les prix à la production) les prix payés (en rose sur le graphe 2) s'effondrent sous le coup de la chute des matières premières, du pétrole et la baisse de la demande.
Le CAC 40 ferme en baisse de - 3,48 % juste sous les 3 000 à 2980,42 points (Pour mémoire : CAC 40 - Analyse technique : Volatilité historique ) alors que les obligations d'état servent de refuge à nouveau avec des taux qui baissent (ci-dessous courbe des taux allemands qui font référence en Europe - en orange les cours de la veille, en vert les cours du jour) mais avec un mouvement qui redevient uniforme compte tenu de la faiblesse des anticipations de croissance et de celles concernant l'inflation (Cf. Marchés obligataires : une double 'trouille' )
Les anticipations d'inflation qui ont fortement baissé dernièrement (Cf. Les marchés obligataires ne voient plus d'inflation ) et la recherche de refuge l'emportent largement (flèche verte sur le graphe 4 des taux à 10 ans US) alors que nous avions connu l'inverse lors du krach en octobre, le marché étant soumis alors à des débuts d'interrogations sur la qualité de celles-ci et en relation avec l'endettement supplémentaire que l'état est entrain de prendre à sa charge pour pouvoir assurer les différents sauvetages (flèche rouge)
Les différents articles sur la courbe des taux vous auront montré le nombre important de pressions inverses qui convergent vers les taux pour les faire évoluer. Nous sommes là dans une bataille de plus en plus rude entre anticipation sur le risque de solvabilité des états, la recherche de refuge et les anticipations d'inflation.
Pour aller plus loin et bien comprendre ces interactions, le week-end du 6 et du 7 décembre prochain sera consacré à cette confrontation avec 2 articles :
- "Zone Euro : attraction et éclatement" qui montrera la grande disparité d'évolution entre les taux des différents états qui la compose (comme les abonnés à la newsletter l'ont constaté depuis la fin octobre) et l'attirance des pays en périphérie. Ceci imagera et isolera la composante 'solvabilité' sur les taux.
- "Apprendre et comprendre la finance : comment approcher l'inflation au travers du marché obligataire ?" avec un outil de mesure assez simple qui nous permettra de poursuivre notre approche des obligations indexées sur l'inflation et de calculer précisément les anticipations d'inflation issues du marché obligataire et de les suivre mensuellement avec un lien accessible.
Derrière cette complexité, la crise aura déjà rétablie 2 formes de logique limpide : les taux évoluent à nouveau en fonction de la durée (plus c'est à long terme plus c'est risqué, plus le taux est en rapport). D'autre part, les taux quasi identiques quelle que soit la qualité des entités emprunteuses observés à leur paroxysme en 2006 a volé en éclat avec l'illusion de l'annulation du risque grâce aux nouveaux instruments financiers, à la titrisation et autres couvertures du risque. La crise a remis les choses dans l'ordre : A bonne note de crédit, bon taux. A mauvaise note, mauvais taux.
Pour la suite, les taux à 10 ans US représentatifs de la longue phase de désinflation depuis les années 80 arrivent à un nouveau palier important (graphe 5)
On est entrain de tester le support vert. Le Dow Jones perd - 5,56 % à 7 552,29 points (Citigroup dévisse de - 26,98 % et JpMorgan de - 17,88 %)
Le CAC 40 perd - 4,03 % à 3 087,89 points dans des volumes toujours très faibles et à l'intérieur de la configuration graphique traitée à la fin des news d'hier soir.
? Le cocktail du jour est fait de nouveaux records historiques :
- pour l'inflation américaine qui chute de 1 % en octobre, du jamais vu de puis la tenue de cette statistique, après une stabilité en septembre. A la différence des prix à la production
détaillés hier, l'indice core mesurant l'inflation sous-jacente ou encore, l'indice central hors énergie et alimentation, baisse également de - 0,1 % après + 0,1 % le mois
précédent.
- en ce qui concerne le marché immobilier, les mises en chantier ressortent, en rythme annualisé, à 791 000 contre
828 000 en septembre (- 4,5 %) et les permis de construire tombent à 708 000 contre 805 000, soit une baisse de - 12 % (en bleu et en rouge respectivement sur
le graphe 2 / les zones grisées verticalement représentent les périodes de récession)

Jamais aussi peu de nouveaux permis et de mises en chantier n'ont été initiés au sein de la première économie mondiale
depuis la fin des années 50.
La BNP depuis la parution de ses résultats le 5 novembre dernier ne fait plus figure de banques préservées de la crise comme cela a été un peu son 'statut' pour les marchés durant
de nombreux mois. Des rumeurs de recapitalisation s'intensifient et font perdre à la valeur encore - 11,20 % sur la séance. La Direction réfute tout projet dans ce sens hors cadre du rachat de
Fortis selon les modalités prévues de longue date pour le rachat de la banque belge.

La Fed, selon le compte rendu du Comité de politique monétaire du mois dernier qui avait décidé d'une baisse de 0,50 % des taux d'intérêts à 1 %, envisage de les réduire à nouveau si besoin. Ses
nouvelles prévisions de croissance sont par ailleurs claires : alors que la Réserve Fédérale prévoyait en juin une croissance de 2/2,8 % en 2009, celle-ci n'anticipe plus qu'une fourchette - 0,2
/ + 1,1 % pour l'ensemble de l'année prochaine et 0/0,3 % pour 2008 contre + 1/1,6 % au début de l'été.
Au-delà des chiffres revus à la baisse de manière drastique et qui n'étonnent guère, c'est surtout l'aggravation en 2009 qui apparaît plus nettement contre l'amélioration prévue initialement pour
l'an prochain. Absence de perspectives de rebond...
..."très grave et inquiétante", tels sont les mots utilisés par Carlos Ghosn, patron de Renault pour qualifier la crise financière lors du discours inaugural du Salon de l'Automobile de
Los Angeles.
Le Dow Jones décroche de - 5,07 % sous les 8 000 à 7 997,28 points.
(Michel Delobel
/ ACGest - formations et coaching) - La bulle immobilière de ces dernières années, suivie d?une bulle au printemps sur les matières premières, puis le krach qui a suivi est l?occasion de faire un
petit retour en arrière sur les précédents évènements similaires.
Et cela ne remonte pas aux débuts des marchés financiers, mais bien avant, puisque la première bulle identifiée et sur laquelle nous avons un certain nombre d?informations est la bulle des
tulipes, qui remonte au XVIIe siècle !
Ainsi, en 1636, une fièvre acheteuse s?était emparée des bulbes de tulipes en Hollande, faisant grimper le prix des plus
rares à l?équivalent du prix d?une maison, ou encore 40 années de salaires d?un ouvrier. Jusqu?à ce qu?en février 1637, la bulle n?éclate, faisant s?effondrer le prix des tulipes de 90% en
quelques semaines, puis à nouveau de 80% (soit 98% sur le prix de départ). La première bulle recensée de l?histoire venait d?éclater, la première d?une longue liste, comme si les hommes
n?apprenaient pas de l?histoire.
Et ce ne sont pas les exemples qui manquent ,avec un siècle plus tard la faillite de la South Sea Company, ou deux siècles plus tard, en plein boom des chemins de fer, avec le doublement des
actions du secteur en Angleterre en 1836/1837, puis à nouveau en 1844/1845, avant que la bulle n?éclate.
Ce qu?il est intéressant d?analyser, ce sont les points communs entre ces bulles. Le plus souvent, elles sont nées de révolutions économiques ou industrielles. Toutes les grandes innovation n?ont
pas conduit à des bulles comparables, mais comment ne pas mentionner le krach de 1929, né de l?avènement de l?automobile et de l?incroyable surproduction qui a suivi, et bien sûr la fameuse bulle
internet, qui a porté le Nasdaq notamment sur des plus hauts historiques qu?il ne semble pas prêt de revoir avant de très longues années. Un phénomène que l?on retrouve également avec la bulle
pétrolière et des matières premières de ces derniers mois. Cette dernière a reposé sur le fort développement des marchés émergents et une réorganisation de l?économie mondiale, qui ont mis en
lumière la raréfaction à venir des ressources de notre planète.
Mais si l?on ne peut nier l?importance des bouleversements associés à ces révolutions économiques, ces phénomènes restent des phénomènes de long terme, et qui ne peuvent justifier les exagérations court terme des marchés. Tôt ou tard, ces bulles finissent donc par éclater.
Toutes ces bulles ont été caractérisées par l?afflux d?une masse d?investisseurs moutonniers, souvent inexpérimentés et attirés par l?appât d?un gain facile. On se souviendra des publicités en 1999 et 2000 qui mettaient la bourse et la richesse à portée de tous, ou encore plus récemment ces nombreuses émissions montrant comment retaper une vieille maison pour faire la culbute quelques mois plus tard lors de la revente.
Elles se traduisent également, lors de leur dégonflement, par une une mise au pilori des dirigeants et accusation des instances réglementaires, et une multiplication des scandales, fraudes et faillites. On citera en pagaille Drexel Burnham Lambert en 87, le fond LTCM en 98, ou encore les scandales WorldCom et Enron en 2002/2003. Et puis bien sûr les faillites et difficultés en cascade des établissements financiers en cette année 2008, avec BearStearns, Lehman Brothers, AIG et j?en passe. Le marché a besoin de boucs émissaires pour expier ses péchés, et mieux repartir de l?avant, dans la bulle suivante.
Mais chaque bulle conserve ses propres spécificités, qui font justement qu?elles peuvent se développer et gonfler, échappant ainsi à la vigilance de tous ceux qui se sont déjà fait prendre et ont
juré que cela ne leur arriverait plus.
Ainsi, pour celle que nous venons de vivre sur l?immobilier américain, s?il n?y a pas grand chose à dire sur la bulle elle même et son éclatement, c?est plus sur ses conséquences sur les marchés financiers qu?il convient de s?attarder. En effet, ce qui a pu surprendre, c?est que jamais un tel repli des bourses n?était parti de niveaux de valorisation aussi peu excessifs, puisque la hausse des marchés entre 2003 et 2007 n?était d?une part qu?un rattrapage de la chute de 2001/2002, et d'autre part l?accompagnement de la croissance des bénéfices et l?assainissement de la situation des entreprises. Les prix excessifs étaient sur l'immobilier, mais ne s'étaient dans leur ensemble que peu propagés aux marchés financiers.
Une autre spécificité de la crise actuelle, et non des moindres, est que nous avons eu en fait plusieurs bulles concomitantes. Tout est partie d?une bulle du crédit, provoquant une bulle immobilière, alimentant à son tour la bulle du crédit, compte tenu du fonctionnement même de l?endettement outre-atlantique. A cela est venu s?ajouter une bulle sur les matières premières, due au fort développement des pays émergents et de l?Inde et la Chine en particulier, et renforcée sur le premier semestre 2008 par un fort mouvement de spéculation de la part d?investisseurs cherchant à compenser le recul des marchés actions. Et c'est l?éclatement de cette troisième bulle qui aura l'effet le plus dévastateur, sur des marchés déjà très fragilisés. Quant à savoir quand cette crise trouvera un épilogue? Même si ce n?est pas le sujet du jour, dans un marché qui a perdu ses repères et toute confiance, et dans lesquels les prix n?ont plus de sens, le marché se montrant incapable de valoriser les sociétés, sans doute faudra t?il donc déjà que le marché règle le problème de la titrisation et de la valorisation des actifs avant de pouvoir regarder de l?avant?
Quelle sera ensuite la prochaine bulle, et quel sera le facteur déclenchant de son éclatement ? C?est tout un programme, mais si bulle il y a, c?est sans nul doute que personne ou presque ne l?aura vu venir? ;-)
Le CAC 40 regagne + 1,11 % à 3 217,40 points dans des volumes faibles (une constante depuis le début du mois ce qui place la moyenne des volumes échangés des 3 dernières
semaines à un niveau quasi estival digne d'un 15 août)
Les prix à la production US ont baissé, pour le 3 ème mois consécutif de - 2,8 % en octobre aux USA, soit la plus forte baisse depuis la guerre, sous le coup de l'effondrement des matières
premières et du pétrole en premier lieu.
Hors énergie et alimentation, c'est à dire en considérant l'indice 'core' qui mesure l'inflation sous-jacente
en dehors de ces 2 éléments dont les prix sont volatils, la hausse reste au même niveau qu'en septembre à + 0,4 % sur un mois portant la progression annuelle elle aussi à un
record, depuis 1989, à + 4,4 %.
L'indice global est donc conforme à la direction anticipée, c'est à dire une tendance désinflationniste (inflation mais de moins en moins forte) qui s'accentue mais avec une inflation
sous-jacente qui résiste.
Il conviendra de garder cet élément à l'oeil, même si un décalage dans la répercussion des prix à la hausse comme à la baisse n'est pas anormal dans l'absolu, car cette progression est
antinomique avec la chute de la production. Par ailleurs, le graphe ci-dessus reprend les prix des 'produits finis' et si on le compare avec celui des prix des produits
intermédiaires ou de base qui servent à la réalisation finale de ces produits finis, on observe une baisse simultanée de leurs indices 'global' et 'core' à la différence de
celui-ci. Demain, nous prendrons connaissance des chiffres de l'inflation des prix à la consommation.
A la veille de la parution également des chiffres des permis de construire pour octobre, l'indice de confiance des
industriels de l'immobilier (NAHB) confirme qu'il n'y a toujours pas de point bas en vue pour le secteur immobilier avec un indice qui baisse encore de 5 points à 9, nouveau record
historique (la stat date de 1985)
L'indice de confiance SSGM des investisseurs pour ce mois de novembre baisse de 58,4 à 57. La confiance des américains reste stable (à 50) alors que celles des investisseurs européens chute
en un mois de 79,5 à 73,6 et celle des asiatiques de 87,8 à 82,3
Le Dow Jones reprend + 1,83 % à 8 424,75.
D'un point de vue graphique (graphe 2), le CAC
40, après avoir atteint l'objectif du comblement du large gap de la fin octobre, termine une phase de baisse sous forme de 'biseau' avec un indicateur momentum qui n'offre pour l'heure aucun
constat de décélération mais plutôt d'hésitation
Théoriquement signe d'épuisement baissier, la sortie de cette configuration est susceptible de voir une accélération des cours avec une hausse des volumes comparés à ceux cités en tout début
d'article. L'objectif à la baisse est constitué par un nouveau test des 3 000. Celui à la hausse concerne le point de croisement des moyennes mobiles courtes vers 3350 pour lequel l'indice s'est
positionné ce soir (et en tenant compte bien sûr des précédents tracés des articles précédents qui n'ont pas été repris ici pour mettre en lumière cet aspect
complémentaire)
Le CAC 40 finit en nette baisse de - 3,32 % à 3 182,03 points dans des volumes très faibles comparables à ceux du 11 novembre dernier.
Les mauvaises nouvelles continuent de s'accumuler avec l'entrée en récession de la seconde plus importante économie au monde, le Japon, qui voit son PIB baisser de - 0,1 % au 3 ème
trimestre après - 0,9 % au 2nd.
Sur le plan bancaire, Citigroup, une des plus importantes banques au monde a décidé la suppression de 50 000 emplois. Quant au secteur automobile, celui-ci fait l'objet d'une âpre bataille au
sein du Congrès US pour une éventuelle aide de 25 milliards $ alors que la filiale de GM en Allemagne, OPEL, retient toute l'attention du gouvernement allemand à qui un prêt de 1 Md ? a été
demandé par le constructeur.
Difficultés d'ordre macro-économiques, bancaires, automobiles, le panorama du jour reste très marqué par les éléments habituels, le G20 de ce week-end n'ayant pas apporté le moindre changement à
court terme en terme de psychologie pour les opérateurs.
L'indice d'activité de la région de New york suivant l'index Empire State se dégrade toujours avec un chiffre de - 25,4 pour novembre après 24,6 le mois dernier.
La production industrielle a cependant rebondi de + 1,3 % en octobre aux USA après la chute sévère de septembre de - 2,8 %. Les capacités de production restent faiblement utilisées à 76,4
%.
Le Dow Jones perd - 2,63 % à 8 273,58 points, une des pires clôtures de l'année comme pour le S&P 500
ci-dessous.

Le sentiment qui se dégage après le G20, à court terme, est celle d'une absence de perspectives puisque si une ligne
directrice pour quelques mesures de régulation et de surveillance ont été dégagées, elles ne seront pas mises en place concrètement avant des mois, les ministres des finances devant faire d'ici
au 31 mars 2009 des propositions dans le détail pour les réformes. Se dégage donc une absence de visibilité d'autant que la première économie au monde, les USA, n'étaient pas encore
représentés par la nouvelle administration élue. Le marché a voté défavorablement aujourd'hui quoiqu'il en soit.
Si on remet cet évènement dans sa perspective historique la plus simple au-delà des satisfecit politiques ou des attentes déçues ou comblées des uns et des autres, 2 points sont à retenir :
- tout d'abord, une évolution d'ordre politique : avec des réunions à suivre du G20, le G8 perd en consistance alors que c'était précédemment un des rendez-vous importants. Les pays émergents ont
fait leur véritable entrée sur la scène politique et la présence de différents pôles planétaires est dorénavant traduite en actes et non plus en paroles. Cette donnée presque visuelle liée à la
photo de famille traditionnelle qui s'élargit à cette occasion ne change en fait rien pour les marchés qui ont intégré la place des nouvelles économies depuis longtemps.
- ensuite, nous avons assisté d'un point de vue financier et monétaire en fait à une réunion qui s'inscrit dans l'ordre même du déroulé classique de notre système monétaire actuel. La référence à Bretton Woods de 1944 doit être ici remplacée
par la fin des accords de Bretton Woods qui remonte, dans l'ordre strictement chronologique, au début des années 70, avec :
- la déconnexion du dollar avec l'or le 15 août 1971, décidée par R.NIXON
- la fin des régimes de change fixes ou ajustables au début de 1973
- la signature des accords dits 'de la Jamaïque' dans les tous premiers jours de 1976 qui ont officialisé sur le papier les principes mis en oeuvre au coup par coup les années
précédentes de manière informelle.
Le nouveau rôle du FMI, secundo, l'officialisation des changes flottants entre devises avec une liberté de choix du régime de choix pour chaque pays et tertio, la démonétisation de l'or,
tout ceci a été décidé en 1976 pour légaliser au niveau international des pratiques en cours depuis les années précédentes, en fait depuis la décision de Nixon.
A ce titre, la réunion du G20 dans un tel contexte, ne peut difficilement faire évoluer les choses que si elle reprend les thèmes mêmes des éléments décidés plus tôt il y a donc 32 ans.
Seul le rôle du FMI va être un peu revu suivant les conclusions qui ressortent des travaux de ce week-end. Nous sommes là dans un système, qu'on le veuille ou non, que cela plaise ou non, où les
autorités ne peuvent que venir constater les données du marché. Le fondement même de notre système monétaire ne permet pas de venir superviser les monnaies puisque celles-ci évoluent entre elles
suivant des éléments de marché avant tout et tel que cela a été décidé il y a des décennies en arrière.
D'ailleurs, aucune décision sur les changes et donc les taux d'intérêts n'a été émises lors du G20. D'un point de vue historique donc, sur les 3 points essentiels du dernier grand rendez vous
international en date qui a mis à bas les accords de Bretton Woods, seul le FMI va être plus ou moins réformé. C'est un rendez-vous minime pour l'heure, toujours dans sa référence purement
historique, mais tout à fait dans la lignée ou la tradition de notre système monétaire qui voit les 'sommets' venir parapher des éléments déjà pris en compte par les
marchés.
Non seulement, il n'y a pas eu de nouveau Bretton Woods mais on a tout juste effleuré les accords de la Jamaïque. L'organisation du G20 est cependant 'sur pied' pour pouvoir à tout moment valider tel ou tel accident du marché ou aller plus en profondeur en cas de besoin. Voilà qui est en fait assez peu rassurant.

Les français suivent l'immobilier essentiellement au travers des dossiers ''ville par ville" qui paraissent dans la presse ou au cas par cas lors de la parution d'indices tenus par tel ou tel
organisme mais peu en ont une représentation d'ensemble concrète rapide, dynamique et précise.
En collaboration avec le site www.crise-mondiale.fr qui fait un suivi mensuel de nombreux indicateurs du marché français, nous vous proposons ci-dessous de visualiser 2 indices importants à la manière de ce que nous faisons ici
pour les marchés financiers de manière habituelle.
Le marché immobilier confronte des acheteurs et des vendeurs qui s'expriment par la définition d'un prix, comme pour n'importe quel marché. Les prix sont issus des statistiques de la
FNAIM et de l'indice PAP et ont été intégrés à un logiciel pour en obtenir une représentation graphique exploitable. Voyons ce que cela donne :
Pour agrandir les graphes, faire un double-clic
? Voici tout d'abord une vue d'ensemble depuis le début du siècle via la FNAIM (Fédération
Nationale de l'immobilier) concernant le prix des logements anciens :
Pour avoir accès au suivi mois après mois.
? Précisons les choses avec l'indice PAP (De particulier à particulier - 1er site immobilier des
particuliers) qui couvre 8 grandes agglomérations françaises, tout d'abord avec le prix des appartements :

Accès au suivi mois après mois.
A titre d'enseignement, chacun aura remarqué les signaux précurseurs très classiques envoyés assez tôt par les 2 indicateurs au-dessus de la courbe qui montraient une divergence avec les
cours (ils se sont mis à baisser alors que les cours continuaient à monter signe d'un affaiblissement des forces sous-jacentes de la tendance) et la mise à jour plus franche de cet
aspect par une cassure plus récente de la moyenne mobile des prix mensuels en jaune qui débouchent depuis peu sur une baisse avérée.
(photo : wikipédia)
Le revirement très prononcé de Wall Street hier soir n'aura été que très peu prolongé dans la nuit sur les places asiatiques, le Nikkei ne reprenant que + 2,72 % à Tokyo. En ce
qui concerne la place parisienne, la perte importante de Dexia à hauteur de 1,54 milliards ? aura par ailleurs amoindri le rebond escompté avec une chute du titre de - 11,48 % sur la
séance. La moyenne mobile à 20 jours reste la barrière à franchir dans un premier temps. Le CAC 40 grappille + 0,67 % à 3 291,47 points et ne profite nullement de la relative résistance
française concernant les chiffres du PIB parmi les différents états européens et qui sont parus en matinée après les - 0,50 % Outre-Rhin.
La récession technique attendus (soit 2 trimestres de contraction du PIB consécutif) n'est pas au rendez-vous, puisque le PIB de la France progresse (stagne) encore de + 0,14 % après - 0,2 % au
2nd trimestre et contre - 0,1 % attendu par le marché.
La zone Euro voit le sien baisser de - 0,2 % contre - 0,1 % attendu et donc comme au 2nd trimestre.
- la dégradation la plus rapide revient à l'Espagne dont l'économie se contracte de - 0,2 %, soit la première baisse depuis 1993 après + 0,1 % alors que l'économie espagnole progressait
encore de + 3,8 % sur l'ensemble de 2007.
- L'Italie sans grande surprise entre en récession avec - 0,5 % après - 0,4 % au côté donc de l'Allemagne (dont la dégradation est aussi nette comme l'indice IFO le laissait présager) et de l'Irlande (première a y être entrée) Nota : si les chiffres trimestriels italiens et allemands sont
les mêmes et peuvent en étonner certains, l'Allemagne conserve une croissance positive sur un an de + 0,8 % alors que l'Italie affiche - 0,9 % au plus bas depuis début 1993.
- les Pays-Bas restent stables sur le trimestre et progressent de + 1,8 % sur un an.
? Le secteur automobile européen est moins touché qu'aux Etats-Unis mais les immatriculations pour octobre sur le continent cèdent - 15 % sur
un an. Créée en 1999, la zone euro entre donc dans sa première récession. Sur un an la progression ressort à + 0,7 % toutefois.
*** Aux USA, la dominante du jour concerne l'aggravation de la situation de la consommation des ménages qui avait déjà 'lâché' et impactée
le PIB au 3 ème trimestre. Chute
record pour octobre depuis la création de ce suivi statistique il y a 16 ans : les ventes au détail US perdent - 2,8 % contre - 2 % attendu.
Chômage en hausse, moral en berne malgré la très légère amélioration du sentiment du consommateur pour novembre de 57,6 à
57,9 (mais sous les 58,5 attendus et calculé par l'Université du Michigan), confiance dégradée, pompe à crédit enrayée, tout ceci ouvre sur une saison de ventes de fin d'année plutôt
inquiétante.
Le Dow Jones reste bloqué également par sa moyenne mobile à 20 jours et recède - 3,82 % à 8 497,31 points. Une grande part du suivi récent à fait la part belle à l'économie, aux matières
premières et aux données graphiques, mais la situation des banques restent toujours extrêmement précaires avec, en synthèse, à nouveau une position stratégique de l'indice BKX sur
un support important :

Concernant ce compartiment toujours, la semaine se termine comme elle l'avait commencé : lundi le marché avait pris connaissance des pertes faramineuses de Fannie Mae, ce jour les opérateurs ont
pris connaissance des pertes de Freddie Mac. Les 2 une fois additionnées dépassent l'entendement à 54,3 milliards $ pour le seul troisième trimestre.
Ce week-end sera axé sur la première réunion du G20. Ci-dessous la carte des pays participants en bleu foncé (wikipedia), auxquels il faut rajouter l'Espagne (8 ème économie au monde) et les Pays-Bas (16
ème économie au monde et place boursière importante avec Amsterdam), les pays en bleu clair étant les pays participants en tant que membres
de l'Union Européenne mais qui ne seront pas directement présents autour de la table :

L'indice S&P 500 des plus importantes sociétés US a entamé la séance sur un nouveau plus bas dans une ambiance très
déprimée faite de nouvelles très maussades plus mauvaises les unes que les autres :
- 'officialisation' de la récession allemande à - 0,50 % pour le 3 ème trimestre après - 0,4 % au 2nd
- l'OCDE qui prévoit une 'croissance négative' en 2009 et une récession prolongée pour les pays en faisant partie
- un marché un peu déboussolé par une séance très négative hier soir à Wall Street qui a vu l'objet du Plan Paulson être quelque peu détourné de son but initial de rachat des dettes 'pourries'
pour le remplacer par des prises de participation directe en capital dans les banques. Vous pourrez trouver dans le lien suivant, un état des 60 banques
participant ou susceptibles de participer au plan de prises de participations américain.
- une chute du pétrole près des 50 $ à Londres et 55 $ à New York sur fond de révision en baisse de la demande.
- l'enfoncement de nouveaux records de faiblesse de la Livre Sterling contre Euro à 1 ? = 0,86 £ en hausse de près de 3 %.
Le Dow Jones termine cependant en hausse de + 6,67 % à 8835,25 points au contact de sa moyenne mobile à 20 jours. Après
avoir tout étrillé dans un sens, tout a repris le chemin de la hausse pour les mêmes raisons que celles évoquées tout au long du mois d'octobre (rachat de positions à découvert, reprises
d'opérations de carry trade etc..)
Le pétrole retrouve in fine les 60 $ à N-Y, le dollar reprend + 3,20 % contre yen, l'euro près de 6 % contre la devise
japonaise, les métaux précieux ont aussi été ballottés de la sorte dans le mouvement et ainsi de suite...
Que retenir face à cette 'folie' apparente ?
Des vagues de liquidations (ventes forcées, défaillances, appels de marge, peur panique etc...) de différents intervenants secouent le marché jusqu'à épuisement du besoin de couverture des pertes
ou des engagements... besoin qui s'est en fait mué de plus en plus en nécessité... une nécessité devenue de plus en plus impérieuse... laquelle 'casse' les retours sur investissement et prises de
positions même à court terme quelqu'en soit le sens renvoyant des ondes de choc de plus en plus vives, incisives et accélérées à l'extrême. La volatilité est maximale. Tout devient
possible.
Nous avons là une reprise de 50 % du mouvement baissier antérieur depuis l'impulsion baissière du 5 novembre. Le CAC 40 malmené ici 'en suiveur' a clôturé en hausse de + 1,10 % avec un plus bas à
3 183,65 points très proche de l'objectif du comblement du gap à 3 176 (qui reste ouvert donc pour la différence) alors que les cours
'futures' qui anticipent les cours affichent à l'instant de la rédaction 3441/3438 soit l'endroit même de passage de notre ancienne droite, axe central de la tendance, vue en détail encore
hier. A suivre demain à l'ouverture en fonction des places asiatiques.
Nous sommes là pleinement dans la fin de ce 3 ème temps graphique évoqué dans notre dernière analyse sur le CAC 40 avec
une recherche de support. Mis à part cet aspect, très peu d'éléments stables sont présents si ce n'est l'agenda avec le chiffre des ventes au détail US pour octobre à
paraître demain et la perspective de la première réunion du G20 ce week-end à Washington. Si le calendrier est très clair la teneur est encore pour le moins très floue.
Volatilité, supports et résistances graphiques... les données fondamentales auraient-elles définitivement jetées l'éponge ?
Ce serait oublier que le déficit budgétaire fédéral américain en octobre a atteint un record de
237,18 milliards $ contre 56,84 Mds $ il y a un an en arrière. Une multiplication par plus de 4 et représentant plus du double des attentes situées en moyenne à - 101,5 MDs
$.
L'année fiscale ou budgétaire se termine le 30 septembre aux Etats-Unis. Voilà un démarrage pour 2009 qui donne le ton et
une tendance qui n'offre pour l'heure aucune visibilité, sauf celle de la dégradation qui s'impose, personne n'étant apte à chiffrer le sauvetage bancaire, ni financier, ni celui concernant
éventuellement les grands de l'automobile 'moribonds' et les soutiens aux particuliers endettés ou aux plans de relance encore à l'étude ou toute entité sur le point de sombrer et ayant une
importance comme certaines villes ou comtés. Quant aux rentrées fiscales, les prévisions volent en éclat semaine après semaine, ce premier chiffrage de l'exercice 2008/2009 en étant
l'expression.
Pas de news du soir aujourd'hui. On aura tout le temps de rattraper les jours prochains les quelques infos du jour et l'essentiel ne serait en fait que redites avec une confirmation
de la rechute d'hier puisque le CAC 40 perd - 3 % et la livre s'enfonce contre euro à 1 ? = 0,8358 £. Des news classiques seraient par ailleurs l'occasion de manquer un cas d'école
tout à fait intéressant en plein dans le 'bain'.
Rien de tel que l'immersion en temps réel pour aborder enfin la manière de réaliser ses propres
stratégies avec les graphes et les courbes que vous découvrez jour après jour sous vos yeux.
Il ne s'agit pas de vous dire comment faire, comment je fais, comment mon voisin, comment tel groupe ou telle 'école' pratique pour suivre untel ou untel mais de pouvoir vous
positionner en connaissance de causes et surtout de pouvoir évoluer ensuite par vous-même à partir de là.
* 1er élément donc : soit vous suivez
quelqu'un soit vous vous donnez pour objectif d'être autonome
Je n'ai strictement rien contre le fait de suivre les avis ou les conseils mais puisque le but de ce site est de gagner en autonomie autant réaffirmer les choses au départ afin de bien être en
phase avec le lecteur pour ces étapes concrètes. Ce premier élément est aussi un travail pour chacun d'entre et nous sommes seuls à pouvoir y répondre. C'est répondre en fait à la question :
"Comment je bâtis mes décisions ? En suivant d'autres ou est-ce que je tends plutôt à devenir autonome ?"
* 2 ème élément : la
réalisation des analyses graphiques
C'est un préalable essentiel bien sûr et l'ensemble des rubriques 'se former' et 'trader/trading' et le suivi au fil de l'eau sont là pour vous apporter quelques éléments dans ce
sens avec une synthèse qui a été réalisée ici :
. Comment réaliser soi-même des analyses graphiques ? (Niveau : grand
débutant)
.
Comment réaliser une analyse graphique ? (Niveau : débutant)
Ces 2 aspect en préambule sont en fait liés : les droites sur lesquelles vous décidez sont elles celles de l'orientation de quelqu'un ou est-ce que vous tendez simplement à écouter le marché pour
vous positionner ensuite ? Est-ce que j'écoute plutôt les changements d'orientation de X ou Y ou est-ce que j'écoute le marché ? Voilà déjà une grande différence. A vous de
vous poser les questions, d'y répondre et de voir ce avec quoi vous êtes pour l'heure le plus à l'aise et quels en sont les résultats. Quoi qu'il en soit, il est très dur de pouvoir corriger
ses erreurs et progresser si on se base sur des éléments qui ne nous appartiennent pas et qui sont extérieurs au marché. De toute manière, on est in fine uniquement confronté
au marché alors pourquoi ne pas commencé par là dès le départ. Suivre, c'est mettre une variable en plus dans un domaine qui en comporte déjà beaucoup. Est-ce si efficace que cela ? En avez vous
besoin ?
Cette introduction étrange peut être pour certains, éclairante pour d'autres, sonnant comme
d'insondables banalités peut être même pour les plus aguerris est là pour rappeler que nous n'allons pas ici progresser comme comme lors du 'code' en vue d'un permis de conduire ou de
quelconques leçons qu'il suffirait de répliquer mais de mettre en lumière qu'il y a en permanence à travailler sur soi et sur les graphes. Ce sont les 2 bases de la décision. La relation
entre les 2 constitue votre méthode personnelle et il y a autant de pratiques et de stratégies possibles que de profils et de configurations graphiques. C'est un travail constant et des
éléments sur lesquels chacun a à revenir fréquemment. C'est un chemin personnel et remettre à zéro les choses dans un processus de décisions calibré type n'est pas mon propos. Surtout pas.
L'absence d'ancrage personnel est même dangereux suivant les profils, la déroute actuelle de bon nombre de modèles mathématiques désincarnés sont d'ailleurs là pour le rappeler de manière
décisive.
Bref, quelque soit notre niveau à tous ou le niveau de conscience que nous avons de ces éléments, nous avons à un moment donné à décider si nous agissons par nous même ou en suivant un tiers ou
pas et si nous nous basons sur les graphes des autres ou bien les nôtres. Ce sont les 2 premières décisions et une infinité de graduations existe (Tout le monde
jette un oeil sur le voisin plus ou moins, soyons clair)
? Ceci étant posé, 2 approches principales ressortent des pratiques :
- la prise de position sur anticipation d'un mouvement : l'investisseur ou le trader se sert principalement du graphe en anticipant la suite probable des cours et prend
position dans le sens anticipé
- la prise de position sur déclenchement d'un signal : l'investisseur ou le trader se sert du graphe pour prendre position à partir de déclencheurs
En prenant la situation actuelle des éléments graphiques traités ces derniers temps :
la première approche est d'évaluer, d'anticiper, par exemple un changement de tendance ou une continuation de tendance.
Si le trader anticipait en début de semaine une baisse, il a ce soir réalisé une plus value importante. C'est la récompense en fait d'une prise de risque assez importante pour une position à
court terme car il est entré à contre-courant d'une tendance haussière de court terme. La tendance de fond étant baissière, son risque n'était pas maximal toutefois.
La seconde approche est de se positionner sur rupture d'un élément (soit un support ou une moyenne mobile par
exemple) L'attitude est de ne rien anticiper mais de définir des scénarios suivant les cas et d'attendre un déclenchement pour prendre position. Attendre la rupture de la MM10 ou de la MM20 etc,
ceci donnant à la possibilité que la baisse se poursuive une probabilité de plus en plus importante. On diminue ainsi le risque. Immanquablement, l'espoir de gain se réduit en
proportion. Certains se positionneront sur l'inflexion de la MM20 ou choisiront d'attendre son inflexion et sa rupture, un grand nombre de point
d'entrée sont ainsi possibles à tout moment et ne sont que le reflet d'un triptique :
Probabilité / Risque / Espoir de gain
Finalement, que signifie cette droite verte que nous suivons en terme de décision ?
Elle est le point de retournement de tendance sur l'horizon considéré offrant le plus de probabilité de baisse avec un objectif désigné au travers du gap. Tant qu'elle n'était pas franchie (en
plus la MM20 passe par là), la probabilité restait du côté de la hausse dans le cadre de la continuation de tendance (en terme de probabilité uniquement, aucune certitude, la preuve... les
cours en sont sortis)
En faisant un 'zoom' dans l'encadré, et pour gagner en précision, les cours ont réalisé un
pull-back ou retour-arrière très fréquent sur leur ancien support. En cas d'échec sur ce point, on détient là le plus souvent une 'confirmation' de la nouvelle tendance.
C'est le point d'entrée théorique offrant une probabilité de continuation de la nouvelle tendance élevée avec un espoir de performance important pour un risque faible. On peut se protéger avec un
ordre stop en cas de cassure de la droite, l'endroit est tout désigné et très proche. Pour réduire le risque, une stratégie est d'entrer après nouvelle cassure de la MM20, voire du plus bas
d'hier mais si le risque diminue, l'espoir de gain également.
Une stratégie alternative encore est de scinder sa position en plusieurs fois en 2 X 50 % ou 3 X 33 % voire 4 X 25 % pour l'augmenter au fur et à mesure des déclenchements de signaux. C'est un
des éléments que nous verrons dans le cadre de la gestion de sa position et du money management.
D'autres approches existent vis à vis de la volatilité. La rupture de la droite ouvre sur le comblement du gap avec un temps passé dans le marché assez réduit, le délai de réalisation de
l'objectif étant aussi un élément du risque.
Nous verrons aussi la manière de bâtir son plan de trading et où positionner ses ordres pour ne pas se faire éjecter ou happer bêtement dans les zones cruciales.
A retenir :
L'anticipation peut offrir un gain supérieur mais au prix d'un risque en rapport. Elle présente une approche assez réduite des points d'entrée, de sortie et à titre de sécurité. Sa
tendance amène à bâtir des scénarios uniquement dans un seul sens.
A l'inverse, en procédant par déclencheurs ou signaux, il est plus facile de se bâtir une hiérarchie des espoirs de gains probables par rapport aux risques. L'exercice plus neutre permet d'ouvrir
sur des alternatives plus facilement sans avoir à se remettre en cause vis à vis d'une mauvaise anticipation et des erreurs qui peuvent en découler.
On scinde de la sorte plus facilement également l'analyse des graphes de la phase décision. L'anticipation a tendance à nous amener à chercher des éléments via une foule d'indicateurs alors
que le(s) déclencheur(s) reste(nt) simple(s) et clairement identifié(s)
Là où le trader qui anticipe tend à se donner essentiellement une direction, le second se donne plus facilement
des jalons et un cadrage de la situation en évitant de trop s'impliquer émotionnellement et mentalement. L'un cherche la suite des évènements alors que l'autre s'y adapte. Dans le premier cas,
vous allez pouvoir progresser pour définir de mieux en mieux le sens d'évolution des cours, soit un mode plutôt binaire. Dans le second, vous allez pouvoir définir suivant les critères
qui vous sont propres, les configurations qui vous conviennent et que vous acceptez dans toutes leurs dimensions. L'un intervient suivant le marché, l'autre en reconnaissance de ses propres
configurations types qu'il peut identifier et donc répliquer. A chacun suivant son profil et chacun d'entre nous est soumis à ces 2 tendances. Voici rapidement décrits les
principaux axes qui nous font évoluer dans nos décisions plutôt vers une méthode de prévisions ou plutôt d'interventions.
? articles liés :
. Apprendre la Bourse : Approche psychologique
. La
finance comportementale : comment améliorer ses résultats de trading et d'investissement ?
Le CAC 40 clôture sous sa moyenne mobile à 20 jours en chute de - 4,83 % à 3 336,41 points dans des volumes aussi faibles qu'hier.
L'ambiance du jour est une sorte de 'remake' en 'modèle réduit' des heures les plus difficiles du mois d'octobre dernier avec une chute de la plupart des actifs financiers sous le coup de désengagements forcés ou à titre sécuritaire et la recherche de refuge le
tout avec une pénurie criante d'acheteurs, dans le cadre d'une volatilité qui ne se dément toujours pas.
Les
pièces du jeu sont donc retombées une à une dans le même ordre, mais dans une moindre mesure et suivant
des éléments qui resteront à confirmer bien sûr avec le retour de l'ensemble des opérateurs demain :
Toutes les valeurs, tous secteurs confondus sont dans le rouge, financières, industrielles, valeurs corrélées aux matières premières mais également à Paris LVMH, le leader mondial du luxe, qui
dévisse de - 11,25 % à 43,76 ? à un nouveau plus bas depuis 2003.
Les matières premières sont prises dans la bourrasque avec de nouvelles baisses des métaux de base (cuivre, aluminium, plomb) et du pétrole qui touche les 55 $ le baril à Londres (Brent). A
New-York également l'or noir perd 5 % à un plus bas de 58,32 $. Sur le front des marchés des changes, le yen grimpe de près de 2 % contre euro, la devise européenne perdant 1,5 %
contre le dollar us à 1,2559.
Bref, rien de neuf sous le soleil en ce qui concerne les enchaînements (devises / yen carry trade, dollar / matières
premières ou encore $ / métaux précieux par exemple) ni sur l'importance de l'économie US qui pèse sur pratiquement tout et qui ne trouve pas de véritable relais ailleurs dans le
monde :
- la croissance chinoise reste élevée à 9 % en septembre mais se situe au plus bas en 5 ans.
- l'inflation des prix à la consommation chinois à un plus haut de 12 ans en février dernier culminait à + 8,7 % en rythme annuel ont été divisés par plus de 2 dans leur progression depuis à + 4
% le mois dernier.
Les grandes tendances conjoncturelles se retrouvent ainsi de part et d'autre du Pacifique, rapidité du décrochage compris, que le plan de relance chinois a d'une certaine manière 'officialisé'
hier.
Une légère amélioration du sentiment économique des investisseurs allemands a été enregistrée pour novembre à - 53,5 après - 63 le mois dernier et au-delà des attentes situées à -
58,5.
Les investisseurs n'ont pas le moral, les consommateurs non plus. Les ventes au détail au Royaume-Uni ont baissé de - 2,2
% en octobre.
Le Dow Jones rejoint les 8 700 points en baisse de 2 %. Un plan national pour éviter les saisies immobilières
massives via la redéfinition des termes des contrats de prêts a été annoncé aujourd'hui. Nous y reviendrons dans notre suivi mensuel des saisies.
A découvrir : le nouvel indice ILHM qui couvre l'immobilier d'habitation de luxe ou haut de gamme aux USA, équivalent de l'indice Case / Shiller que vous avez l'habitude de
rencontrer ici très souvent, montre une grande résistance à l'inverse des prix sur l'ensemble du territoire américain, tous segments confondus :
avec des stocks qui ont fortement augmenté récemment mais dont la tendance commence à s'inverser
:
et surtout, une très grande diversité d'évolution parmi les 30 plus grandes métropoles américaines que nous vous
invitons à découvrir dans leur dernier
rapport.
Les prix sont stables, les inventaires se stabilisent mais les délais de vente s'allongent (110 jours en mai, 130 en septembre et 145 actuellement) avec une situation générale très disparate
suivant les villes.
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La Tribune.fr quotidien économique et financier
Après le déni, les interrogations, le doute puis les craintes, l'angoisse, la peur, la phase de panique, les pertes de repères et enfin les quelques pertes de contrôle observés cet automne, les opérateurs, avec de l'eau jusqu'au coup, commencent maintenant à se noyer par intermittence.
Inutile d'aller chercher très loin, vous connaissez la chose depuis des mois : derrière les nouvelles économiques récentes et une annonce de difficultés croissantes chez les entreprises avec des mesures de licenciement et de plans sociaux qui vont croissant jour après jour (exemple pour la France sur 2008), le tempo donné par les banques reste toujours primordial comme rappelé vendredi dernier.
L'accélération de Wall Street hier soir à la baisse y est à nouveau liée et la rupture du support présenté fin de semaine (indice BKX ci-dessus) a engendré un décrochage qui s'exprime principalement sur Citigroup avec la sensation générale d'être en terrain mouvant alors que le Trésor US a dit changer il y a quelques jours son fusil d'épaule concernant le plan Paulson qui n'ira plus extraire les mauvaises créances des banques mais prendra directement des participations. Nous sommes là également dans "une fin de règne" de l'actuel secrétaire d'Etat au Trésor qui va passer le relais en janvier à la nouvelle administration élue et dont la première tranche de 350 des 700 Milliards $ du plan total arrive à son terme (reste 60 Mds $ grosso modo) et la tranche suivante nécessite pour être débloquer de repasser devant le Congrès. Flottement, flou, la bourse aime le noir ou le blanc mais pas le gris...
Entre un plan pour sauver l'automobile, un plan de relance économique général souhaité par les Démocrates et les modalités précises de ce plan Paulson a mi-chemin, le marché est pris de court par la dégradation sur le terrain et par un manque de visibilité sur les actions qui seront menées réellement. Une chose reste, le regard se tourne vers l'état et les actes vers les obligations qu'ils émettent.
Ce, d'autant que les nouvelles du jour sont de la même veine que précédemment avec des demandes d'emploi en hausse semaine dernière aux USA, un index des indicateurs avancés qui plie de - 0,8 % encore en octobre contre + 0,1 % en septembre et un indice d'activité de la région de Phliadelphie qui tombe à - 39,3 ce mois-ci après - 37,5.
Même constatation que sur les différents indicateurs vus ces derniers temps (mis à part pour les prix à la production) les prix payés (en rose sur le graphe 2) s'effondrent sous le coup de la chute des matières premières, du pétrole et la baisse de la demande.
Le CAC 40 ferme en baisse de - 3,48 % juste sous les 3 000 à 2980,42 points (Pour mémoire : CAC 40 - Analyse technique : Volatilité historique ) alors que les obligations d'état servent de refuge à nouveau avec des taux qui baissent (ci-dessous courbe des taux allemands qui font référence en Europe - en orange les cours de la veille, en vert les cours du jour) mais avec un mouvement qui redevient uniforme compte tenu de la faiblesse des anticipations de croissance et de celles concernant l'inflation (Cf. Marchés obligataires : une double 'trouille' )
Les anticipations d'inflation qui ont fortement baissé dernièrement (Cf. Les marchés obligataires ne voient plus d'inflation ) et la recherche de refuge l'emportent largement (flèche verte sur le graphe 4 des taux à 10 ans US) alors que nous avions connu l'inverse lors du krach en octobre, le marché étant soumis alors à des débuts d'interrogations sur la qualité de celles-ci et en relation avec l'endettement supplémentaire que l'état est entrain de prendre à sa charge pour pouvoir assurer les différents sauvetages (flèche rouge)
Les différents articles sur la courbe des taux vous auront montré le nombre important de pressions inverses qui convergent vers les taux pour les faire évoluer. Nous sommes là dans une bataille de plus en plus rude entre anticipation sur le risque de solvabilité des états, la recherche de refuge et les anticipations d'inflation.
Pour aller plus loin et bien comprendre ces interactions, le week-end du 6 et du 7 décembre prochain sera consacré à cette confrontation avec 2 articles :
- "Zone Euro : attraction et éclatement" qui montrera la grande disparité d'évolution entre les taux des différents états qui la compose (comme les abonnés à la newsletter l'ont constaté depuis la fin octobre) et l'attirance des pays en périphérie. Ceci imagera et isolera la composante 'solvabilité' sur les taux.
- "Apprendre et comprendre la finance : comment approcher l'inflation au travers du marché obligataire ?" avec un outil de mesure assez simple qui nous permettra de poursuivre notre approche des obligations indexées sur l'inflation et de calculer précisément les anticipations d'inflation issues du marché obligataire et de les suivre mensuellement avec un lien accessible.
Derrière cette complexité, la crise aura déjà rétablie 2 formes de logique limpide : les taux évoluent à nouveau en fonction de la durée (plus c'est à long terme plus c'est risqué, plus le taux est en rapport). D'autre part, les taux quasi identiques quelle que soit la qualité des entités emprunteuses observés à leur paroxysme en 2006 a volé en éclat avec l'illusion de l'annulation du risque grâce aux nouveaux instruments financiers, à la titrisation et autres couvertures du risque. La crise a remis les choses dans l'ordre : A bonne note de crédit, bon taux. A mauvaise note, mauvais taux.
Pour la suite, les taux à 10 ans US représentatifs de la longue phase de désinflation depuis les années 80 arrivent à un nouveau palier important (graphe 5)
On est entrain de tester le support vert. Le Dow Jones perd - 5,56 % à 7 552,29 points (Citigroup dévisse de - 26,98 % et JpMorgan de - 17,88 %)
Le CAC 40 perd - 4,03 % à 3 087,89 points dans des volumes toujours très faibles et à l'intérieur de la configuration graphique traitée à la fin des news d'hier soir.
? Le cocktail du jour est fait de nouveaux records historiques :
- pour l'inflation américaine qui chute de 1 % en octobre, du jamais vu de puis la tenue de cette statistique, après une stabilité en septembre. A la différence des prix à la production
détaillés hier, l'indice core mesurant l'inflation sous-jacente ou encore, l'indice central hors énergie et alimentation, baisse également de - 0,1 % après + 0,1 % le mois
précédent.
- en ce qui concerne le marché immobilier, les mises en chantier ressortent, en rythme annualisé, à 791 000 contre
828 000 en septembre (- 4,5 %) et les permis de construire tombent à 708 000 contre 805 000, soit une baisse de - 12 % (en bleu et en rouge respectivement sur
le graphe 2 / les zones grisées verticalement représentent les périodes de récession)

Jamais aussi peu de nouveaux permis et de mises en chantier n'ont été initiés au sein de la première économie mondiale
depuis la fin des années 50.
La BNP depuis la parution de ses résultats le 5 novembre dernier ne fait plus figure de banques préservées de la crise comme cela a été un peu son 'statut' pour les marchés durant
de nombreux mois. Des rumeurs de recapitalisation s'intensifient et font perdre à la valeur encore - 11,20 % sur la séance. La Direction réfute tout projet dans ce sens hors cadre du rachat de
Fortis selon les modalités prévues de longue date pour le rachat de la banque belge.

La Fed, selon le compte rendu du Comité de politique monétaire du mois dernier qui avait décidé d'une baisse de 0,50 % des taux d'intérêts à 1 %, envisage de les réduire à nouveau si besoin. Ses
nouvelles prévisions de croissance sont par ailleurs claires : alors que la Réserve Fédérale prévoyait en juin une croissance de 2/2,8 % en 2009, celle-ci n'anticipe plus qu'une fourchette - 0,2
/ + 1,1 % pour l'ensemble de l'année prochaine et 0/0,3 % pour 2008 contre + 1/1,6 % au début de l'été.
Au-delà des chiffres revus à la baisse de manière drastique et qui n'étonnent guère, c'est surtout l'aggravation en 2009 qui apparaît plus nettement contre l'amélioration prévue initialement pour
l'an prochain. Absence de perspectives de rebond...
..."très grave et inquiétante", tels sont les mots utilisés par Carlos Ghosn, patron de Renault pour qualifier la crise financière lors du discours inaugural du Salon de l'Automobile de
Los Angeles.
Le Dow Jones décroche de - 5,07 % sous les 8 000 à 7 997,28 points.
(Michel Delobel
/ ACGest - formations et coaching) - La bulle immobilière de ces dernières années, suivie d?une bulle au printemps sur les matières premières, puis le krach qui a suivi est l?occasion de faire un
petit retour en arrière sur les précédents évènements similaires.
Et cela ne remonte pas aux débuts des marchés financiers, mais bien avant, puisque la première bulle identifiée et sur laquelle nous avons un certain nombre d?informations est la bulle des
tulipes, qui remonte au XVIIe siècle !
Ainsi, en 1636, une fièvre acheteuse s?était emparée des bulbes de tulipes en Hollande, faisant grimper le prix des plus
rares à l?équivalent du prix d?une maison, ou encore 40 années de salaires d?un ouvrier. Jusqu?à ce qu?en février 1637, la bulle n?éclate, faisant s?effondrer le prix des tulipes de 90% en
quelques semaines, puis à nouveau de 80% (soit 98% sur le prix de départ). La première bulle recensée de l?histoire venait d?éclater, la première d?une longue liste, comme si les hommes
n?apprenaient pas de l?histoire.
Et ce ne sont pas les exemples qui manquent ,avec un siècle plus tard la faillite de la South Sea Company, ou deux siècles plus tard, en plein boom des chemins de fer, avec le doublement des
actions du secteur en Angleterre en 1836/1837, puis à nouveau en 1844/1845, avant que la bulle n?éclate.
Ce qu?il est intéressant d?analyser, ce sont les points communs entre ces bulles. Le plus souvent, elles sont nées de révolutions économiques ou industrielles. Toutes les grandes innovation n?ont
pas conduit à des bulles comparables, mais comment ne pas mentionner le krach de 1929, né de l?avènement de l?automobile et de l?incroyable surproduction qui a suivi, et bien sûr la fameuse bulle
internet, qui a porté le Nasdaq notamment sur des plus hauts historiques qu?il ne semble pas prêt de revoir avant de très longues années. Un phénomène que l?on retrouve également avec la bulle
pétrolière et des matières premières de ces derniers mois. Cette dernière a reposé sur le fort développement des marchés émergents et une réorganisation de l?économie mondiale, qui ont mis en
lumière la raréfaction à venir des ressources de notre planète.
Mais si l?on ne peut nier l?importance des bouleversements associés à ces révolutions économiques, ces phénomènes restent des phénomènes de long terme, et qui ne peuvent justifier les exagérations court terme des marchés. Tôt ou tard, ces bulles finissent donc par éclater.
Toutes ces bulles ont été caractérisées par l?afflux d?une masse d?investisseurs moutonniers, souvent inexpérimentés et attirés par l?appât d?un gain facile. On se souviendra des publicités en 1999 et 2000 qui mettaient la bourse et la richesse à portée de tous, ou encore plus récemment ces nombreuses émissions montrant comment retaper une vieille maison pour faire la culbute quelques mois plus tard lors de la revente.
Elles se traduisent également, lors de leur dégonflement, par une une mise au pilori des dirigeants et accusation des instances réglementaires, et une multiplication des scandales, fraudes et faillites. On citera en pagaille Drexel Burnham Lambert en 87, le fond LTCM en 98, ou encore les scandales WorldCom et Enron en 2002/2003. Et puis bien sûr les faillites et difficultés en cascade des établissements financiers en cette année 2008, avec BearStearns, Lehman Brothers, AIG et j?en passe. Le marché a besoin de boucs émissaires pour expier ses péchés, et mieux repartir de l?avant, dans la bulle suivante.
Mais chaque bulle conserve ses propres spécificités, qui font justement qu?elles peuvent se développer et gonfler, échappant ainsi à la vigilance de tous ceux qui se sont déjà fait prendre et ont
juré que cela ne leur arriverait plus.
Ainsi, pour celle que nous venons de vivre sur l?immobilier américain, s?il n?y a pas grand chose à dire sur la bulle elle même et son éclatement, c?est plus sur ses conséquences sur les marchés financiers qu?il convient de s?attarder. En effet, ce qui a pu surprendre, c?est que jamais un tel repli des bourses n?était parti de niveaux de valorisation aussi peu excessifs, puisque la hausse des marchés entre 2003 et 2007 n?était d?une part qu?un rattrapage de la chute de 2001/2002, et d'autre part l?accompagnement de la croissance des bénéfices et l?assainissement de la situation des entreprises. Les prix excessifs étaient sur l'immobilier, mais ne s'étaient dans leur ensemble que peu propagés aux marchés financiers.
Une autre spécificité de la crise actuelle, et non des moindres, est que nous avons eu en fait plusieurs bulles concomitantes. Tout est partie d?une bulle du crédit, provoquant une bulle immobilière, alimentant à son tour la bulle du crédit, compte tenu du fonctionnement même de l?endettement outre-atlantique. A cela est venu s?ajouter une bulle sur les matières premières, due au fort développement des pays émergents et de l?Inde et la Chine en particulier, et renforcée sur le premier semestre 2008 par un fort mouvement de spéculation de la part d?investisseurs cherchant à compenser le recul des marchés actions. Et c'est l?éclatement de cette troisième bulle qui aura l'effet le plus dévastateur, sur des marchés déjà très fragilisés. Quant à savoir quand cette crise trouvera un épilogue? Même si ce n?est pas le sujet du jour, dans un marché qui a perdu ses repères et toute confiance, et dans lesquels les prix n?ont plus de sens, le marché se montrant incapable de valoriser les sociétés, sans doute faudra t?il donc déjà que le marché règle le problème de la titrisation et de la valorisation des actifs avant de pouvoir regarder de l?avant?
Quelle sera ensuite la prochaine bulle, et quel sera le facteur déclenchant de son éclatement ? C?est tout un programme, mais si bulle il y a, c?est sans nul doute que personne ou presque ne l?aura vu venir? ;-)
Le CAC 40 regagne + 1,11 % à 3 217,40 points dans des volumes faibles (une constante depuis le début du mois ce qui place la moyenne des volumes échangés des 3 dernières
semaines à un niveau quasi estival digne d'un 15 août)
Les prix à la production US ont baissé, pour le 3 ème mois consécutif de - 2,8 % en octobre aux USA, soit la plus forte baisse depuis la guerre, sous le coup de l'effondrement des matières
premières et du pétrole en premier lieu.
Hors énergie et alimentation, c'est à dire en considérant l'indice 'core' qui mesure l'inflation sous-jacente
en dehors de ces 2 éléments dont les prix sont volatils, la hausse reste au même niveau qu'en septembre à + 0,4 % sur un mois portant la progression annuelle elle aussi à un
record, depuis 1989, à + 4,4 %.
L'indice global est donc conforme à la direction anticipée, c'est à dire une tendance désinflationniste (inflation mais de moins en moins forte) qui s'accentue mais avec une inflation
sous-jacente qui résiste.
Il conviendra de garder cet élément à l'oeil, même si un décalage dans la répercussion des prix à la hausse comme à la baisse n'est pas anormal dans l'absolu, car cette progression est
antinomique avec la chute de la production. Par ailleurs, le graphe ci-dessus reprend les prix des 'produits finis' et si on le compare avec celui des prix des produits
intermédiaires ou de base qui servent à la réalisation finale de ces produits finis, on observe une baisse simultanée de leurs indices 'global' et 'core' à la différence de
celui-ci. Demain, nous prendrons connaissance des chiffres de l'inflation des prix à la consommation.
A la veille de la parution également des chiffres des permis de construire pour octobre, l'indice de confiance des
industriels de l'immobilier (NAHB) confirme qu'il n'y a toujours pas de point bas en vue pour le secteur immobilier avec un indice qui baisse encore de 5 points à 9, nouveau record
historique (la stat date de 1985)
L'indice de confiance SSGM des investisseurs pour ce mois de novembre baisse de 58,4 à 57. La confiance des américains reste stable (à 50) alors que celles des investisseurs européens chute
en un mois de 79,5 à 73,6 et celle des asiatiques de 87,8 à 82,3
Le Dow Jones reprend + 1,83 % à 8 424,75.
D'un point de vue graphique (graphe 2), le CAC
40, après avoir atteint l'objectif du comblement du large gap de la fin octobre, termine une phase de baisse sous forme de 'biseau' avec un indicateur momentum qui n'offre pour l'heure aucun
constat de décélération mais plutôt d'hésitation
Théoriquement signe d'épuisement baissier, la sortie de cette configuration est susceptible de voir une accélération des cours avec une hausse des volumes comparés à ceux cités en tout début
d'article. L'objectif à la baisse est constitué par un nouveau test des 3 000. Celui à la hausse concerne le point de croisement des moyennes mobiles courtes vers 3350 pour lequel l'indice s'est
positionné ce soir (et en tenant compte bien sûr des précédents tracés des articles précédents qui n'ont pas été repris ici pour mettre en lumière cet aspect
complémentaire)
Le CAC 40 finit en nette baisse de - 3,32 % à 3 182,03 points dans des volumes très faibles comparables à ceux du 11 novembre dernier.
Les mauvaises nouvelles continuent de s'accumuler avec l'entrée en récession de la seconde plus importante économie au monde, le Japon, qui voit son PIB baisser de - 0,1 % au 3 ème
trimestre après - 0,9 % au 2nd.
Sur le plan bancaire, Citigroup, une des plus importantes banques au monde a décidé la suppression de 50 000 emplois. Quant au secteur automobile, celui-ci fait l'objet d'une âpre bataille au
sein du Congrès US pour une éventuelle aide de 25 milliards $ alors que la filiale de GM en Allemagne, OPEL, retient toute l'attention du gouvernement allemand à qui un prêt de 1 Md ? a été
demandé par le constructeur.
Difficultés d'ordre macro-économiques, bancaires, automobiles, le panorama du jour reste très marqué par les éléments habituels, le G20 de ce week-end n'ayant pas apporté le moindre changement à
court terme en terme de psychologie pour les opérateurs.
L'indice d'activité de la région de New york suivant l'index Empire State se dégrade toujours avec un chiffre de - 25,4 pour novembre après 24,6 le mois dernier.
La production industrielle a cependant rebondi de + 1,3 % en octobre aux USA après la chute sévère de septembre de - 2,8 %. Les capacités de production restent faiblement utilisées à 76,4
%.
Le Dow Jones perd - 2,63 % à 8 273,58 points, une des pires clôtures de l'année comme pour le S&P 500
ci-dessous.

Le sentiment qui se dégage après le G20, à court terme, est celle d'une absence de perspectives puisque si une ligne
directrice pour quelques mesures de régulation et de surveillance ont été dégagées, elles ne seront pas mises en place concrètement avant des mois, les ministres des finances devant faire d'ici
au 31 mars 2009 des propositions dans le détail pour les réformes. Se dégage donc une absence de visibilité d'autant que la première économie au monde, les USA, n'étaient pas encore
représentés par la nouvelle administration élue. Le marché a voté défavorablement aujourd'hui quoiqu'il en soit.
Si on remet cet évènement dans sa perspective historique la plus simple au-delà des satisfecit politiques ou des attentes déçues ou comblées des uns et des autres, 2 points sont à retenir :
- tout d'abord, une évolution d'ordre politique : avec des réunions à suivre du G20, le G8 perd en consistance alors que c'était précédemment un des rendez-vous importants. Les pays émergents ont
fait leur véritable entrée sur la scène politique et la présence de différents pôles planétaires est dorénavant traduite en actes et non plus en paroles. Cette donnée presque visuelle liée à la
photo de famille traditionnelle qui s'élargit à cette occasion ne change en fait rien pour les marchés qui ont intégré la place des nouvelles économies depuis longtemps.
- ensuite, nous avons assisté d'un point de vue financier et monétaire en fait à une réunion qui s'inscrit dans l'ordre même du déroulé classique de notre système monétaire actuel. La référence à Bretton Woods de 1944 doit être ici remplacée
par la fin des accords de Bretton Woods qui remonte, dans l'ordre strictement chronologique, au début des années 70, avec :
- la déconnexion du dollar avec l'or le 15 août 1971, décidée par R.NIXON
- la fin des régimes de change fixes ou ajustables au début de 1973
- la signature des accords dits 'de la Jamaïque' dans les tous premiers jours de 1976 qui ont officialisé sur le papier les principes mis en oeuvre au coup par coup les années
précédentes de manière informelle.
Le nouveau rôle du FMI, secundo, l'officialisation des changes flottants entre devises avec une liberté de choix du régime de choix pour chaque pays et tertio, la démonétisation de l'or,
tout ceci a été décidé en 1976 pour légaliser au niveau international des pratiques en cours depuis les années précédentes, en fait depuis la décision de Nixon.
A ce titre, la réunion du G20 dans un tel contexte, ne peut difficilement faire évoluer les choses que si elle reprend les thèmes mêmes des éléments décidés plus tôt il y a donc 32 ans.
Seul le rôle du FMI va être un peu revu suivant les conclusions qui ressortent des travaux de ce week-end. Nous sommes là dans un système, qu'on le veuille ou non, que cela plaise ou non, où les
autorités ne peuvent que venir constater les données du marché. Le fo