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Le CAC 40 perd - 6,82 % à 3 381,07 points alors que le Dow Jones est repassé sous les 9 000 points dans l'après-midi. Le
Conseil Européen dans sa première journée a appelé à la tenue d'une conférence internationale rapide pour refonder le système financier et les institutions internationales issues de la
Conférence de Bretton-Woods en 1944. L'évolution vers une réforme internationale prend de plus en plus de poids au fil des jours. Nous y reviendrons plus en détail une fois que les choses seront
formalisées. Nous allons nous centrer aujourd'hui sur l'économie qui rencontre des évolutions très négatives dressant un constat de très net ralentissement, voire
d'affaissement en certains endroits.
Pour bien comprendre le contexte général, il convient de se tourner vers la chute du prix des matières premières et le tableau d'ensemble qui a été dépeint dans l'article de ce week-end intitulé
:
? 'A la découverte
de l'autre krach'
En début de soirée le cuivre perd - 7 %, le nickel - 6,67, l'aluminium - 5,52 % ou le zinc - 6,60 %. Ces métaux de base connaissent une chute de la demande avec un accroissement en tendance de
leurs stocks. Le stock d'aluminium dans les entrepôts du LME ont connu leur plus forte hausse depuis début 1995. Des réductions de capacités de production de la part du plus gros producteur
chinois seraient en cours. La réduction des ventes d'automobiles modère également la demande pour le plomb utilisé dans les batteries dont la production devrait connaître des excédents après
5 années de déficit.
BhP Billiton, la plus grosse compagnie minière au monde perd - 14,95 % ce soir à Londres alors que Rio Tinto, autre géant minier et n°2 mondial de l'aluminium, perd - 16,53 %.
L'indice de frêt maritime 'Baltic Dry Index' ou 'BDI' qui est un baromètre du commerce mondial qui compile le prix du transport maritime sur 24 routes mondiales pour les matières dites
'sèches' comme le minerai ou les métaux perd ce jour plus de - 10 %. Plus net encore, l'indice 'Capesize' qui reprend l'indice de frêt maritime pour les bateaux de grande taille ne pouvant passer
par le canal de Suez ou le canal de Panama dévisse de plus de - 17 % ce jour.
Le BDI vient après une tendance haussière (en vert et en pointillés) cassée il y a peu de rompre un support important qui
le ramène en zone plus vue depuis la précédente récession au début du siècle.
Pour plus de détails, vous pouvez cliquer sur l'image pour avoir accès à la définition de wikipédia ou sur le graphe pour obtenir d'autres graphiques, enfin vous pouvez suivre les cours
du BDI.
... moins de besoins de métaux de base, moins de besoins pour les transporter, car à la base, la demande en terme de consommation se réduit comme l'indique la statistique importante du jour aux
USA (graphe ci-dessous)
Les ventes au détail en septembre se sont repliées de - 1,2 % après - 0,4 % en août et -
0,6 % en juillet.
Moins de crédit, moins de consommation, moins de production, moins de besoins pour les métaux de base, moins de transport pour acheminer tout cela...
Qui a dit que 'finance' et 'économie' étaient "déconnectées" ?!
La bourse de Tokyo avec une hausse de + 14,15 % a confirmé durant la nuit l'effervescence d'hier mais le début de séance à nouveau fortement haussier ce matin en
Europe s'est largement tempéré ensuite avec un retour aux réalités.
Signalons qu'entre les plus bas de vendredi à 3047 points et le plus haut du jour à 3 766, un score de + 23,5 % en quelques heures de cotations était en tout cas très
difficilement tenable...
Le CAC 40 termine en hausse de + 2,75 % à 3 628,52 points. 3 éléments se dégagent de cette séance :
Economie :
L'indice Zew du sentiment des investisseurs allemands rechute lourdement ce mois-ci à - 63 contre - 41,1 le mois dernier et au-delà des 52,5 attendus.
La production industrielle de la zone a progressé de + 1,1 % en août mais baisse de - 0,7 % sur un
an. Pour la France, l'inflation retrouve son niveau d'avril avec un léger repli qui la porte à 3 % en rythme annuel dans le prolongement de la baisse des matières premières.
Le plan européen s'étend :
Les américains ont annoncé aujourd'hui prévoir 250 milliards $ dans le cadre du plan Paulson de 700 Mds $ pour recapitaliser les 9 banques les plus importantes du pays avec
des mesures qui permettent comme en Europe de 'dégeler' les opérations interbancaires. Quelques signes positifs sur le marché interbancaire ont été enregistrés mais restent largement à confirmer
car les taux au jour le jour ont connu des écarts entre extrêmes qui se sont creusés aujourd'hui sur le vieux continent. Demain et après-demain, les mesures adoptées par l'Eurogroupe à
15 dans le cadre de l'Euroland sont susceptibles d'être élargies aux 27 pays européens au cours du Conseil Européen qui se tient mercredi et jeudi.
Premiers effets pervers du plan ?
Une fois les montants annoncés pour recapitaliser les banques, chacun cherche à savoir qui va venir frapper à la porte du gouvernement pour obtenir une dotation en capital et en argent frais,
ceci renvoyant dans le contexte actuel à des présomptions de difficultés ou à tout le moins, de nécessaire étoffement de leur surface financière, qui ne manquent pas de glacer à nouveau le sang
des opérateurs. Ce petit jeu est un peu dangereux et rappelle quelque peu les difficultés qu'avaient rencontrées, il y a un an, certaines banques anglaises supposées avoir demandé des prêts
d'urgence à la Banque d'Angleterre une fois qu'elle avait annoncé les mettre à disposition, ce qui ne manquait pas d'alimenter des rumeurs très négatives...
Le marché est ainsi un pris dans un bal où chacun s'est évertué à se féliciter des dernières décisions mais tout autant à épier la moindre rumeur à ce sujet. Le Crédit Agricole a démenti avoir
besoin de lever du capital mais indique en même temps que le plan gouvernemental correspond aux besoins des banques. BNP perd - 4,45 % sur un 'couac' de communication de la Ministre des Finances
ou mal perçu des marchés (c'est au choix suivant le côté où on se place) sur une référence de ratio de solvabilité bancaire dont le ministère a ensuite démenti la volonté de fixer un
objectif chiffré en la matière... chaque banque ayant ses spécificités.
Dexia a dû démentir des rumeurs de nationalisation totale par l'état belge et dévisse de - 15,20 %.
Bref, plan annoncé, rumeurs à la clef...
Société Générale, en revanche, avec le communiqué chiffré d'hier soir termine sur le podium du jour à + 8,16 %.
Le Dow Jones termine cette seconde séance de la semaine en baisse de - 0,82 %.
*** Le déficit budgétaire de l'état US pour l'année fiscale qui s'est terminée au 30 septembre s'élève à un record de 438 milliards $ contre 389 Mds
prévus il y a 3 mois et contre 162 Mds $ l'an dernier. Selon l'agence de notation Fitch, la dette publique dépassera les 70 % du PIB au cours de l'an prochain au-delà du chiffre français (65 %)
et allemand (56 %) pour la première fois depuis 60 ans avec un déficit rapporté au PIB largement au-delà des critères européens (3 % du PIB). Ce chiffre de 438 Mds $ correspond d'ores et déjà à
3,1 % du PIB et les estimatifs tablent sur un pourcentage le plus élevé parmi les pays du G7 pour l'exercice en cours, compte tenu de la dégradation observée ces derniers temps.
Les places européennes ont ouvert dans le vert en forte hausse dans le sillage de la fin de séance à Wall Street vendredi et dans le prolongement de la
concertation européenne concernant un plan pour remédier à la crise financière en cours.
Le détail chiffré des mesures pays par pays ainsi que l'ouverture de Wall Street ont plus tard encore amplifié le mouvement. Le CAC 40 ferme en hausse de plus de 11 % à 3
531,50 points, Francfort repasse les 5 000 points en hausse de + 11,40 %.
? Le plan européen se concentre sur 2 mesures centrales :
- un apport en fonds propres pour les banques
- une garantie pour le marché interbancaire de manière à ramener la confiance sur ce marché pour que les banques recommencent à se prêter les unes aux autres.

Le chiffrage a été ensuite développé pays par pays suivant les besoins au cas par cas.
Recapitalisations :
En Angleterre ainsi 37 milliards £ seront investis par le Trésor britannique dans les banques Royal Bank of Scotland, HBOS et Lloyds. Les allemands ont prévu 80 milliards ? alors que la
France allouera 40 Mds ? pour recapitaliser les banques en prenant des participation au travers de son entité nouvellement créée la SPPE (Société de Prises de Participation de l'Etat)
Qui est concerné ? Pour l'heure seule Dexia l'est.
D'où viennent les fonds ? Les Etats européens vont procéder à des adjudications sur le marché obligataire, c'est à dire qu'ils vont y
lever des fonds pour réaliser ces prises de participations. En émettant de nouvelles obligations, ils se portent emprunteurs de sommes prêtées par des investisseurs.
Cette semaine, la France va ainsi lever 7 Mds ? pour Dexia et Fortis, l'Allemagne 20 MDs pour Hypo Real Estate, les Pays-Bas et l'Espagne procédant aussi de la sorte.
Comment cela se passe-t'il dans le budget de l'état ? Ces opérations augmentent l'endettement de l'état mais pas directement le budget.
Le budget est par contre impacté via les intérêts à payer sur ces nouvelles dettes contractées, l'état payant un taux d'intérêt sur chaque obligation à la personne en face qui a prêté les fonds.
Par ailleurs, compte tenu de la hausse de la dette des états, les taux ont tendance à s'accroître ce qui en tendance alourdit également la charge de la dette totale.
La participation est comptabilisée au bilan de la banque comme un actif et la dette au passif avec à terme une plus ou moins value en fonction de l'évolution des restructurations et du
potentiel de revente. Ainsi l'Allemagne a d'ores et déjà provisionné dans son budget 5 % pour pertes financières éventuelles. L'équilibre budgétaire allemand prévu cette année est donc
reporté en terme d'objectif à 2011.
Garanties au secteur bancaire :
Le montant garanti en France s'élève à 320 MDs ? et en Allemagne, celui-ci atteint 400 Mds ?.
Principe :
Une seconde société d'état apportera sa garantie aux refinancements bancaires effectués sur le marché interbancaire de manière à dégeler ce marché de prêts 'en gros', à pouvoir repartir
normalement et irriguer ensuite naturellement l'économie pour les prêts aux ménages et aux entreprises sur le terrain, dont la restriction commence à devenir palpable un peu partout.
D'où viennent les fonds ?
C'est une garantie comme une caution qui n'engage aucun décaissement a priori (sauf à appeler cette garantie en paiement) et qui est facturée aux banques au prix du marché, ceci étant
comptabilisé comme gains financiers dans le budget de l'état en contrepartie de son engagement. Que fait l'état ? Il engage sa signature en déclarant se substituer à la
banque défaillante le cas échéant et devient prioritaire sur les autres créanciers en cas de faillite réelle pour se 'payer' dans un tel cas sur les actifs restants de la banque en déroute.
Conséquences pour l'état ?
Cet engagement par signature n'entre pas directement dans le bilan de l'état mais constitue un engagement qui alourdi son endettement par extension en terme de 'hors bilan' et
l'appréciation de sa solvabilité, ceci venant réduire ses marges de manoeuvre futur.
Tout ceci est-il efficace ou inefficace pour contrer la crise ? Nous sommes là à mi-chemin entre le plan Paulson et le plan anglais, le plan paulson prévoit
surtout d'isoler les dettes alors que le plan anglais reprend le point américain plus les 2 mesures prises par les européens décrites ci-dessus. Par rapport aux
leçons tirées des crises passées (Cf. Edition Spéciale : le plan irlandais ''à la suédoise'' fera-t'il des émules ?), cela va plutôt dans le bon sens et on notera que les USA envisagent également de plus en plus d'utiliser les 700 MDs $ récemment votés pour prendre des participations,
nationaliser partiellement ou totalement. La participation et la coordination internationale pour un plan assez 'profond' sont aussi plutôt positifs en l'état des annonces et dans l'attente
de précisionss et concertations plus avant via le G8 notamment et les autres instances européennes plus larges.
Les limites concernent le timing qui peut paraître un peu tardif vis à vis de certains dégâts économiques déjà enregistrés sur le terrain économique. En tout cas, ce
soir le vote des marchés est unanime et signe un premier soulagement après toutes ces opérations à 'coeur ouvert' désordonnées du système ces dernières semaines. On est au-delà de
la simple mesure technique comme la suspension des ventes à découvert qui n'aura été finalement qu'un retardateur et un coup d'épée dans l'eau. Un petit changement de perspective
s'esquisse...
Mais le doute principal concerne "la confiance" car celle-ci ne se décrète pas et nul ne connaît encore toutes les pertes encaissées sur le globe qui vont devoir s'étaler au grand jour
et nécessiter d'autres ventes en cascade pour y pallier. Il y a des plaies et des dégâts collatéraux financiers et psychologiques majeurs à ne pas mésestimer. Enfin, si les marchés
ont du mal à donner un prix ou une valeur (à 'pricer') à certaines dettes, par quel biais l'état en serait-il plus capable ?
Le texte sera présenté à l'Assemblée Nationale en France pour vote demain dans la soirée.
D'un point de vue technique, le CAC 40 a passé en quelques heures quelques résistances intéressantes dorénavant devenues 'supports' et qui sont à surveiller -->
Flash CAC 40 : un retournement à
confirmer. Seule valeur à terminer en baisse, Société générale perd - 2 % à
la clôture sur des rumeurs de pertes démenties ensuite par la banque et qui l'ont fait plonger de plus de 10 %. Un communiqué est paru dans la soirée : la banque table sur un résultat net de 1
Mds ? au titre du 3 ème trimestre, à préciser lors de la parution définitive des comptes le 6 novembre.
Le Dow Jones repasse les 9 000 après 19 heures en hausse de près de 7 %. Un peu
d'espoir...
? Articles parus ce week-end :
. Marchés obligataires : une
double 'trouille'
. A la découverte de l'autre
krach
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Point très rapide après l'ouverture de la Bourse de Paris :
Voici la capitulation du marché lors de la faillite de Bear Stearns à la mi-mars avec un ilot de retournement en formation :
Voici la configuration actuelle après un peu moins d'une heure de cotations :
Où sont les zones essentielles ?
- en rouge, l'ancien support de la tendance baissière antérieure. Ce point et le gap supérieur sont les objectifs haussiers à court/moyen terme dans le cadre d'un pull-back.
- 2 droites en gris forment les résistances les plus importantes pour les prochaines heures à la hausse
- sans oublier la zone du gap inférieur sous le chandelier du jour qui signerait en cas de rupture un retour de la baisse.
L'ilot de retournement sera à confirmer ce soir à la clôture (cf.Apprendre et comprendre la bourse en temps réel : l'île de renversement ou island reversal )
On n'oubliera pas bien sûr 2 éléments importants de fond rappelés la dernière fois :
- tendance de fond toujours baissière
- et contexte de très forte volatilité
copyright © Apprendrelabourse.org - Cet article fait suite à celui paru le 18 mai dernier et intitulé Apprendre et comprendre la finance : évolution de la courbe des taux US dans lequel vous trouverez les principaux éléments de fonds pour comprendre les évolutions actuelles avec différents liens pour aller
plus loin pour ceux qui le souhaitent. Il ne s'agit dans ce qui suit que de faire un point sur l'actualité des marchés obligataires en se fondant sur les notions déjà vues et
afin de visualiser et synthétiser les aspects concernant la solvabilité des états vus au coup par coup et rapidement ces dernières semaines.
Synthèse express : en reprenant le graphe de la courbe des taux US de
mai dernier (voir 1er graphe), nous avions constaté de manière uniforme une baisse des taux sur l'ensemble des maturités liée au 'flight to quality'
(vol vers la qualité) c'est à dire à la recherche de refuge, les investisseurs venant se parquer dans les obligations d'état pour gagner en sécurité pour leurs avoirs. Principe actif simple
et maintes fois constaté depuis plus d'un an et qui fonctionne aussi en sens inverse à mesure que la peur perd en intensité comme entre le 11 avril 08 et le 9 mai 08.
L'enseignement principal dans cet article concernait l'importance de la confiance, de la solvabilité, bref de la qualité de signature d'une obligation et de ses effets sur un
taux d'intérêt ceci valant même pour les états aussi puissants soient-ils. En citant l'exemple de la crise financière de 1998 liée à l'épisode de la faillite du fonds LTCM telle que le président
de la Fed d'alors l'avait vécue, nous avions vu que les investisseurs avaient tendance "en mode panique" d'aller vers les titres les plus récents et les plus liquides.
? Si on se réfère maintenant à ce qui s'est passé entre le 5 septembre sur le 2nd graphe (en vert) et le 3 octobre (en rouge) on voit que la courbe des taux s'est effondrée sous la peur panique
des investisseurs mais dans le même temps les échéances longues ( > 5 ans ) se sont réappréciées.
C'est un signe de très grande peur pour la partie courte et de réappréciation du risque global des USA à suivre pour la
partie longue de la courbe. Voilà qui signe un changement de comportement singulier...
Si nous regardons ensuite ce qui s'est passé vendredi dernier (3 ème graphe), on voit que le mouvement continue et même touche de plus en plus des échéances très courtes (< à 2 ans) signe d'un
accroissement de peur notable et toujours cette hausse pour les échéances les plus longues (en orange, les taux jeudi / en vert ceux atteints vendredi)
En Europe, pour les obligations allemandes qui font référence en Europe, on voit que la séance de vendredi évolue
selon ce même principe et avec une réappréciation des échéances longues encore plus nette (4ème graphe)
La peur des investisseurs vis à vis des autres types de placements (ainsi que d'autres motivations comme notées sur le
graphe 2) initie la baisse sur la partie courte mais la peur de voir la solvabilité des états se dégrader est un élément qui commence à poindre, entre autres, sur la partie
longue.
Bref, Monsieur le Marché aime bien se blottir dans les obligations des états mais pour des durées de moins en moins
longues et il se pose en même temps la question, avec un début d'inquiétude, de savoir combien de plumes ces mêmes états risquent de laisser dans ces sauvetages bancaires et
financiers gigantesques ?
Voilà un signal qui paraît aujourd'hui aussi mince en terme de danger que lorsqu'il y a 2 ans nous avons commencé à compter mois après mois les saisies immobilières américaines,
et à parler quelques mois après de subprimes, mais le risque est bel et bien en hausse. Nous ne négligerons donc pas cette piste dans les mois à venir. D'autres articles
suivront sur le sujet, pour voir la chose sous des angles différents.
? A Lire : LeMonde.fr : La solvabilité des Etats commence à préoccuper les opérateurs
Banques, finance, actions en baisse, cela a été largement couvert ces derniers jours. Des éléments tout aussi profonds sont apparus
ces 5 derniers jours que nous allons détaillés ici.
Le 7 septembre, un petit coup d'oeil sur le cuivre, baromètre de l'économie et de l'activité mondiale (cf.Matières premières : Faiblesses du cuivre) nous avait alerté sur la cassure de la tendance haussière (en vert) que nous avions cerclé alors en 'orange'.
- 32 % en quelques semaines et - 18,59 % sur celle qui s'achève : le ralentissement de la demande et de l'activité que nous avons découvert comme étant mondial au cours de l'été via de nombreux
indicateurs statistiques s'est ici pleinement exprimé. Pour le 'timing', vous remarquerez que c'est au moment même où le cuivre s'écrasait que les politiques ont commencé à
reconnaître devoir réviser leurs prévisions à la baisse et s'activent en tout sens pour tenter de limiter les dégâts sur l'économie. Le graphe en l'état montre malheureusement que le
mal est déjà assez profond et si vous aviez besoin d'un élément synthétique pour visualiser la rapidité de la dégradation économique en cours, le voici sous vos yeux :
(En cliquant sur le graphe, vous aurez accès
directement au graphe LT du cuivre lors du dernier article à ce sujet mis en lien plus haut)
Nouvel élément : l'autre métal industriel important, l'aluminium (graphe 2) a connu un été meurtrier et semaine dernière un échec pour revenir dans sa
zone de confort.
La déroute a été générale et non seulement financière. Impossible de poser avec de telles données le
postulat d'un redressement ou même d'une quelconque résistance à la base dans l'économie. La prise en compte de la dégradation de l'économie a pesé très lourd dans la balance et son
décrochage a enlevé au marché ses dernières raisons de résister.
En élargissant la chose à l'ensemble de l'indice mondial CRB des matières premières, c'est le même constat (en cliquant sur le graphe, on observe que la situation du CRB en ? montre une situation encore plus endommagée)
En considérant maintenant ce même indice des matières premières en pondérant en son sein toutes ses composantes
de manière égale, du jus d'orange au pétrole, soit le CCI, c'est idem (et en ? en cliquant dessus) :
CCI ? Kesako ? :
? Apprendre et comprendre la bourse en temps réel : Bien suivre les matières premières (Partie
1)
? Apprendre et comprendre la
bourse en temps réel : Bien suivre les matières premières (Partie 2)
Signe de dégradation, poids en plus sur la finance et l'économie, ces prix en
baisse sont la simple variable d'ajustement d'une demande en baisse liée à la conjoncture et qui se décompose ainsi :
- demande d'investissement : les investisseurs se couvraient contre la baisse du $ en investissant dans les matières premières, l'effet joue aussi en sens inverse
- chute de la demande de métal physique : les cours rendent de moins en moins rentables les unités de production, limitent l'intérêt de lancer de nouveaux projets de mines ou d'unités de
production. La régulation de l'offre / demande se fait par le prix comme toujours...
- la spéculation joue également en sens inverse dorénavant
- enfin, des besoins de prendre des bénéfices pour couvrir des pertes encaissées ailleurs entrent aussi en jeu comme l'aversion au risque actuelle qui limite les opérations d'investissement sur
ces supports.
? Il existe également des effets plus positifs :
La chute du CRB donne des marges de manoeuvre vis à vis de l'inflation pour les banques centrales pour leur politique monétaire (cf..Comprendre la finance : politique monétaire restrictive ou accommodante
? ) ce
qui a facilité la baisse de taux de cette semaine.
Enfin, bien sûr, si nous nous reportons à notre indicateur avancé (graphe ci-dessous) pour cerner la pression inflationniste qui s'exerce à la base dans l'Euroland via les matières
premières, force est de constater que les prochaines statistiques sur l'inflation devraient enregistrer une accalmie comme on l'a déjà constaté hier avec la plus forte baisse des prix à
l'importation aux USA depuis 5 ans.

Et l'or dans tout cela ?
Lundi, nous avons vu que l'or en ? se comportait très bien face à l'indice des
MP hors énergie en ?, ce qui s'est confirmé tout au long de la semaine... jusqu'à vendredi où l'once a chuté sur les 847 $.
A la question posée fin septembre 'Vers une évolution de la place de l'or au sein des matières premières ?', la réponse est pour l'heure plutôt positive avec un grand nombre de résistances passées sur le graphe ci-dessus. L'or se détache des autres commodités mais cela reste à
confirmer ces prochaines séances comme pour les obligations gouvernementales US qui se sont un peu retournées comme vu jeudi.
- 7,73 % pour le CAC 40 sur la séance avec une clôture à 3174,49 points dans des volumes en hausse à 9,4 milliards ?. - 22,16 % sur la semaine et un peu plus de - 50 %
depuis les plus hauts à 6158 du printemps 2007. Un carnage. Ce puits sans fond d'une confiance qui ne retrouve plus pied s'exprime à nouveau par l'explosion de tous les supports qui sautent
sous l'effet des ordres de vente STOP.
Berlusconi a indiqué que les dirigeants réfléchissaient à une fermeture mondiale des bourses mais cette appréciation a été démentie par l'AMF (Autorité des Marchés Financiers française) ainsi que
par Euronext qui gère les bourses de Paris, Amsterdam et Bruxelles. Cette information est aussi à mettre en parallèle avec le refus de l'Italie de signer le communiqué du G7 jugé trop
'conventionnel' en l'état.
La seule perspective ce soir concerne la réunion de l'Eurogroupe dimanche à Paris des européens pour dégager une solution commune et franche... de concert avec le G7...
? Une des très rares éclaircies à signaler concerne le Royaume-Uni où l'Association Bancaire Britannique a confirmé un premier signe de 'sortie du coma' du marché
interbancaire avec des émissions de HSBC notamment sur quelques mois. C'est aussi vers le Royaume-Uni que se tourne les européens actuellement pour s'inspirer du plan qui a été annoncé avant-hier
(Cf. Marchés financiers : perte de repères )
Ce plan en 3 volets (prises de participations dans les banques, isolement des dettes pourries et aides au marché interbancaire), ressemble globalement aux préconisations faites par les
économistes assez réfractaires au plan Paulson, et qui ressortent des 'leçons' des crises passées.
Les dirigeants allemands envisageraient un plan de sauvetage de ce type, dans les grandes lignes et en l'état de nos dernières informations. Une convergence de vue dans ce sens entre le
Ministre des Finances allemand et le patron de la Bundesbank a d'ailleurs été constatée tout au long de la journée.
C'est aussi malheureusement au Royaume-Uni encore qu'un précédent fâcheux a été enregistré cette semaine avec la
quasi-faillite de l'état islandais et de leurs banques maintenant nationalisées. 300 000 clients anglais depuis mardi n'ont plus accès à leur compte de la filiale
'Icesave' de la banque islandaise Landbanski nationalisée et le gouvernement anglais a gelé en retour les avoirs de cette banque sur son sol.
Nous sommes là dans une crise diplomatique mais surtout face à un précédent peu opportun pour la confiance entre états et vis à vis d'eux après la défiance entre banques. Les Pays-Bas ont
indiqué couvrir à hauteur de 100 000 ? les 120 000 hollandais qui ont des dépôts dans cette banque pour sa filiale néerlandaise. Autre souci
'islandais' au Luxembourg et en Belgique -> plus aucune transaction possible chez Kaupthing Edge
Cas isolé insignifiant à l'échelle européenne ou premier pas ? ...A
garder à l'esprit.
copyright © Chappatte - www.globecartoon.com/dessin
Nouvelle attaque sur les matières premières :
Le pétrole est tombé au plus bas du jour à 77 $ le baril, l'argent-métal perd - 20 % sur la séance et passe sous les 10 $ l'once, l'once d'or perd 7 % et retrouve les 850 $. Le crash a
pris une dimension encore plus globale d'un point de vue géographique et sectoriel.
Les prix à l'importation aux USA ont connu en septembre leur plus forte baisse en 5 ans, soit - 3 %, le recul des matières premières et le regain de vigueur du dollar réduisant les prix.
Angoisses pour l'économie :
- General Motors termine à 4,59 $ contre 9,03 $ vendredi dernier, baigné également dans des rumeurs de faillite et en dépit d'un plan de 50 Mds $ pour aider le secteur automobile à se
restructurer.
- Selon American Express, 20 % des PME pourraient souffrir de manière dramatique compte tenu des restrictions de crédit.
Le Dow Jones dans une séance très volatile ferme à 8 451,19 points en baisse de - 1,49 % après avoir touché un plus bas à 7 888,48 points. Meilleure fin de séance grâce aux bancaires (graphe
ci-dessous) avec un rebond sur un support sous les '50' qui sera une des clefs des variations semaine prochaine :

D'autres articles sont à suivre ce week-end.
? Crise financière : au secours ...mais qu'est ce qui se passe ?!

et on constate depuis cette semaine un revirement sur le support haussier intermédiaire (3 ème graphe) avec une
accélération haussière depuis hier qu'il conviendra de surveiller lors des prochaines séances, la masse de l'endettement revenant à l'état étant susceptible d'être
réappréciée, en terme de risque et donc de prix (= taux d'intérêt) à la hausse par les marchés obligataires. Des pertes sont également encaissées ici. Nous
reviendrons sans doute ce week-end en fonction de l'actualité sur ce point important, actuellement encore 'en germe'.


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Journée de très grande volatilité à la bourse de Paris aujourd'hui avec un afflux en début de séance d'un nombre important d'ordres de vente ne trouvant pas de
contrepartie à l'achat et qui ont déclenché assez rapidement des salves d'ordres STOP pré-enregistrés à la vente.
Peu avant 10 heures, l'ensemble des seuils psychologiques et graphiques explosaient les uns après les autres sans retenue avec une violence supérieure à lundi. Un 2nd Krach était en cours.
Comme le détaille le graphe ci-dessous et comme le prévoit le modèle de cotations de la plate-forme NYSE-Euronext, qui gère la bourse de Paris et le CAC 40, des coupe-feux ont opéré jusqu'à
interrompre à 2 reprises le calcul de l'indice. Si l'évènement est tout à fait exceptionnel avec dans la même séance une suspension de cotation du CAC pour 'trop forte baisse' et ensuite
'pour trop forte hausse', il convient de retenir qu'il ne s'agit là que d'activations réglementaires standards pour justement parer à ce type
d'évènements et enrayer les chutes libres sans fin. Cela ne signifie en rien qu'une décision a été prise par les autorités et encore mois qu'il y a eu 'fermeture' même temporaire de la
bourse aujourd'hui (comme c'est le cas sur le MICEX à Moscou jusqu'à vendredi par exemple)
Vous avez d'ailleurs été confrontés peut être vous-mêmes à des réservations à la baisse ou à la hausse qui
suspendent pendant quelques minutes le cours de vos titres à cause de % de variations trop élevés sortant des seuils de réservations. Ici le nombre de titres dans ce cas était simplement trop
important pour continuer à calculer le CAC 40 qui est resté après 10 heures bloqué sur - 8,18 % pendant près d'une demi-heure.
Le plan anglais n'enraye pas la chute :
Le Trésor britannique a annoncé ce matin un plan de renflouement à hauteur de 500 milliards £ :
- avec 50 Mds £ destinés à des nationalisations partielles de banques (achats d'actions de 8 grandes banques)
- 200 Mds £ pour des rachats de mauvaises dettes
- 250 Mds £ de lignes de crédit pour le marché interbancaire
La bourse de Londres termine en baisse de - 6,34 % même si ce plan a soutenu les bancaires anglaises car le reste de la cote est très affecté par les craintes de voir la crise financière
détériorer l'économie sur le terrain.
Baisse des taux de la part des banques centrales: Cette peur d'une crise économique 'longue' qui se conjugue avec la crainte sur les banques est un des éléments
déterminants de l'évolution des bourses depuis lundi. Pour contrecarrer cet aspect, la Fed et la BCE se sont concertées pour abaisser de - 0,50 % leurs taux directeurs. Les taux US tombent à 1,50
% (la marge de manoeuvre à la baisse devient très faible dorénavant) et ceux en Europe régressent donc à 3,75 %. Les banques centrales au Canada (2,5 %), en Suède, en Suisse et en Angleterre
(4,5%) ont fait de même.
Les bourses se sont envolées sur la nouvelle comme vous pouvez le constater sur le graphe à mi-journée mais cela n'a pas inversé le sentiment d'ensemble de manière durable, cette manoeuvre
exceptionnelle raisonnant pour beaucoup comme un autre aveu de la gravité de la situation dans un concert de discours se voulant rassurants parfois à l'excès.
"Dislocation" et mesures prises dans "l'urgence" sont les constats qui s'imposent ce soir , les intentions étant au niveau des états contredits parfois dans les heures qui suivent en cas de
besoin comme la volte-face de l'Islande de figer son taux de change contre l'euro et l'annonce par le gouvernement français qui ne souhaite toujours pas de plan, les banques françaises n'en ayant
pas besoin, mais va mettre en place une entité spéciale pour investir dans les banques 'à titre préventif'. Même le Ministre des Finances allemand n'exclue plus dorénavant une nationalisation des
banques (après la frayeur encaissée via Hypo Real Estate qui pose un problème absolument vital outre-Rhin)
Dans le prolongement des constations observées hier, le patron du Trésor US Paulson évolue également de plus en plus dans le cadre d'une coopération voulue au niveau international, les
améliorations étant encore loin de pouvoir se manifester selon ses propos.
Au plan purement statistique, les promesses de ventes dans l'immobilier US ont augmenté de + 7,4 % en août, une donnée
assez surprenante après - 3,2 % en juillet.
Comme nous l'avons observé lors des derniers mouvements sur les taux ces derniers mois, il faut attendre un peu que les marchés se stabilisent et 'digèrent' cette baisse concertée de - 0,50 %
puisque le Dow Jones a encore connue une fin de séance très volatile. La clôture s'effectue en baisse de - 2,00 % à 9 258,10 points.
***Pour terminer comme hier sur les influences concrètes de la crise du crédit sur l'économie réelle et notamment la consommation, signalons l'enregistrement
chez les banquiers de défauts de paiements de plus en plus importants sur les cartes de crédit aux USA alors que les banques sont confrontées par ailleurs a une augmentation de
leur coûts de refinancement. Les marges dans le cadre de cette activité 'classique' rencontre une détérioration désormais.
Alors quel bilan du jour ? Face aux constats
photographiques du type "période exceptionnelle, moyens exceptionnels" ou "état de choc / thérapie de choc", nous avons observé malheureusement plus ce qui ressemble à
la suite d'un feuilleton dans son épisode ..."débuts de pertes de repères, tentatives pour les restaurer... avant la perte de contrôle ?"
? D'un point de vue technique, force est de constater que les principaux indices ont enfoncé leur droites de support obliques baissières et tel qu'elles avaient été décrites il y a 3 semaines
notamment dans :
. Crise financière : les bourses poussées dans leurs retranchements
pour Londres et Paris
. dans Crise financière : mesures conservatoires contre la panique générale pour le Dow Jones
. ou pour le DAX30 au sein de l'article intitulé Bourse : les marchés actions cèdent mais ne rompent pas
Ce type d'obliques comme nous l'observons ensemble depuis le début de cette crise il y a plus d'un an constituent des zones clefs pour des dérapages plus nets. Celles-ci forment désormais des
résistances importantes dans le cadre, au mieux, d'un éventuel 'pull-back' haussier (retour haussier) contre. Nous réapprocherons prochainement les éléments précis pour voir ce que peut nous
réserver la volatilité qui s'est emparée des places mondiales.
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